Mails libérés place Beauvau

Migration

Comme beaucoup d’entre vous le savent déjà, le ministère de l’intérieur migre son système de messagerie électronique. Pourquoi je trouve ça bien ? Bon, ceux qui me connaissent se diront que c’est parce que je crois vraiment aux logiciels libres et au business model associé, certes mais pas seulement. Chaque fois, donc, que j’entends qu’un évènement important comme celui-ci s’est produit, ça me fait effectivement très plaisir.

Toutefois, dans ces situations où ce sont carrément des instances publiques qui sont mises en cause, nous (les partisans du LL) ne devrions plus être les seuls à apprécier : cette joie devrait être nationale. Pourquoi ?

Ah les économies

L’un des premiers arguments avancés lorsque l’on parle de libre en général, c’est la gratuité. Il faut tout de même savoir que ce n’est ni synonyme ni obligatoire : on peut très bien payer pour un logiciel libre. C’est même évidemment ce vers quoi je suis persuadé qu’il faut tendre pour que ce système puisse survivre. Mais non pas payer pour essayer, mais dans l’autre sens. Si vous estimez qu’un logiciel vous rend des services et que vous l’utilisez très régulièrement, pourquoi n’envisageriez vous pas de verser quelque chose aux auteurs. Faites le calcul : si vous versez dès maintenant 50€ pour ce super logiciel dont vous ne pouvez plus vous passer, qu’est-ce que c’est en comparaison des 150€ minimum que vous paieriez rien que pour Windows, puis pour le pack office, pas grand chose …

Je me répète parce que ce n’est pas assez clair le plus souvent : libre ne veut pas dire gratuit. Pour casser le mythe des économies, rappelons bien une chose : le plus souvent les économies ne se ressentent pas sur le court terme. On ne va pas diviser ses coûts par 10 la première année, évidemment. Le coût pourra généralement être effectivement inférieur, mais pas dans les proportions qu’on a tendance à s’imaginer. J’ai encore lu récemment que justement, ce sentiment de déception dû au fait qu’on s’aperçoive finalement que les économies sont moins importantes que prévu est courant. Certains demandent même une plus grande qualité pour un coût moindre et s’étonnent de ne pas toujours l’obtenir…

Pourquoi est-ce nuisible ?

C’est très simple : si avant de mettre en route, le responsable qui vous confie les rennes de la migration (cas le plus courant) s’attend à ce que tout devienne rose et que vous ne vous souciez pas de lui dire que ça reste de l’informatique avec les problêmes courants associés, amoindris certes : virus, sécurité, mais néammoins toujours potientiellement présents, ça risque de très mal se passer. Il faut que vous preniez du temps pour lui expliquer les résultats qu’il peut attendre au lieu de le laisser faire une synthèse suroptimiste de tout ce qu’il a lu un peu partout. Sinon, lorsqu’il va vous demander pourquoi il ne voit pas de baisse dans ses factures et que vous lui répondrez que “c’est normal au début”, il y a de fortes chances qu’il apprécie beaucoup moins que si vous l’y aviez préparé correctement avant.

De plus, si on considère une migration progressive et itérative, le passage des machines d’un environnement à un autre amènera nécessairement une durée plus ou moins longue où les deux environnements vont devoir cohabiter : deux fois plus de travail (voire plus). De même, si vous n’avez pas prévu ça et qu’il n’est pas prévenu, il ne risque pas d’apprécier…

Bon, le tableau que je viens de vous dépeindre est plutôt noir. Pourquoi je vous dis ça ? Parce que je ne supporte pas qu’on ne dise pas la vérité : tenter de la masquer aura un résultat 100 fois plus néfaste lors de sa mise au jour que si vous aviez joué franc-jeu dès le début.

Les gens qui ne suivent pas ces règles produisent l’effet inverse de celui escompté : les gens ressortent insatisfaits et ça fait boule de neige… À un moment où certains hésitent à se lancer, ce sont ces opinions déçues qui peuvent encourager à ne pas tenter l’expérience.

Une petite parenthèse au sujet des nains boutonneux qui hurlent trop communément à la seule évocation de wind… : “Argh ! windows suxxx , linux roxxxx, bsd rulezzzzzzzzzzzzzz”. Je les déteste, ils sont pitoyables et ne font que jeter le discrédit sur le libre en général et vont à l’encontre de l’ouverture d’esprit qu’est la philosophie de base du libre. Je ne crois pas que ce genre d’argument dignes d’un enfant de 3 ans puissent aider en quoi que ce soit à défenestrer un utilisateur (pour reprendre une expression amusante vue dans un Linux magazine il y a quelques mois).

Les avantages

Bref, revenons donc au sujet qui nous occupe : “tout le monde devrait aimer la migration vers le libre des services publics”.

Conclusion

En me relisant, je me rends compte que j’ai pu laisser penser qu’utiliser des logiciels libres ne présentait pas un intérêt en termes de coûts. Soyons sérieux, c’est le cas et toutes les études sérieuses le montrent (par étude sérieuse, j’entends celles qui ne sont pas commandées par Microsoft ou toute autre boîte qui lutte contre le LL en général).

Ce que j’ai voulu rappeler, c’est que les économies ne sont pas immédiates. Il est évident que les coûts de formation, les coûts de mise en place et de maintenance vont certainement compenser les licences des logiciels propriétaires utilisés dans un premier. Attention toutefois à ne pas non plus penser que les logiciels propriétaires ne nécessitent pas de maintenance… Un firewall, qu’il tourne sous Linux, Windows, *BSD ou UNIX nécessitera toujours un administrateur. Si ce n’est pas le cas, vous devriez sérieusement vous inquiéter de la sécurité informatique de votre entreprise.

Mais une fois que votre personnel aura appréhendé la base, les économies vont commencer à apparaître.

Des exemples ?

J’espère que ces quelques arguments auront contribué à vous convaincre un peu plus ou au moins à vous informer sur le sujet. Si vous avez des questions sur le sujet, n’hésitez pas à m’écrire, je me ferai un plaisir de répondre à toutes vos questions.

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