Ma vision du Libre

Ce billet est en gestation depuis très longtemps. Il vient d’être finalement déclenché par un acte que je juge totalement inadmissible. Thomas vient de mettre au jour un splendide plagiat réalisé par le Club des Utilisateurs de Logiciels Libres Tunisiens du livret du libre

Les membres de ce GUL ont ici violemment enfreint une règle primordiale du LL. Comment peut-on se prétendre ami du Libre et oser écrire “Le Livret du Libre est un document rédigé par le ..::CULLT::.. dans le cadre de son projet pour le Libre” sans aucune indication du véritable auteur original. De sombres voleurs sans vergogne, c’est tout ce que vous êtes !

J’ose espérer qu’ils corrigeront très vite leur erreur en s’excusant et en indiquant par exemple dans les références l’adresse du document original, avant de s’attirer l’inimitié de toute la communauté.

Comme dit Éric Raymond :

People who do what the GPL tries to prevent […] wind up injuring only themselves.

en français :

Les gens qui font ce que la GPL essaie d’éviter […] se tirent eux-mêmes dans le pieds (traduction personnalisée).

Les licences Libres

Les licences Libres autorisent la copie, la modification et la publication sans limitation de la version modifiée. Quand bien même les licences ne contraindraient pas à donner de référence vers le travail original, faut-il le faire ? Peut-on se permettre de systématiquement forker un logiciel parce qu’on en a le droit ? C’est par exemple l’une des raisons qui ont fait hésiter un certain temps Vincent à publier ChuWiki sous licence GPL.

La réponse évidente est non si vous avez reçu un tant soit peu d’éducation : on ne se glorifie pas du travail d’autrui sans le rétribuer ! Les cas de forks justifiés existent, mais cette solution ne doit être utilisée qu’en dernier recours après avoir essayé de contribuer directement au logiciel.

Sinon, on finit par se rapprocher du modèle de développement des logiciels propriétaires où refaire encore et toujours le même travail est un gaspillage pur et simple de ressources, et non une rationalisation d’énergie.

Le Libre

La philosophie du Libre ne consiste pas à donner sans rien attendre en retour. Le principe le plus important à mon sens est une courte phrase que j’ai écrite il y a quelques temps et que j’utilise comme signature dans mes courriels :

Si chacun de nous a une idée et que nous les partageons, nous repartirons tous les deux avec deux idées… C’est ça le Libre.

Ce que défend Stallman, c’est un principe tendant à stopper ou au moins diminuer cet immense gâchis constant : trop d’entreprises passent leur temps à réinventer la roue (et encore, quand elle n’est pas carrée) au lieu de tenter de se mettre d’accord pour ne faire le travail qu’une fois et gagner ainsi du temps et de l’argent.

Bill Gates a souvent parlé de RMS en le décrivant comme un évangéliste un peu loufoque anti-commerce et communiste, par dessus le marché (pour ceux qui l’ignorent, aux États-Unis le terme communiste est une insulte).

RMS serait contre toute forme de profit financier ? Détrompez vous. Lors de son speach le plus classique, RMS cite toujours en exemple un logiciel qui serait libre et auquel manquerait une fonctionnalité que 10000 personnes souhaiteraient voir ajoutée. Que faire pour que tout le monde en profite ? Et bien ces 10000 personnes pourraient donner chacunes un peu pour que la fonctionnalité puisse être développée par une SSLL, comme aliacom par exemple.

Travailler pour la gloire

Oui, cette expression si galvaudée que tout le monde utilise, souvent sans y prêter attention, dans la phrase “on ne travaille pas pour la gloire”. Or, pour le logiciel Libre, c’est la base, l’un des moteurs les plus importants. Évidemment, il y a généralement le challenge technique du hacking mais la gloire y est pour beaucoup. Et c’est compréhensible : ne seriez-vous pas content, fier même d’avoir créé quelque chose qui sert à d’autres, qui vous montrent qu’ils apprécient votre travail ?

De façon plus pragmatique : imaginez vous pouvoir mettre sur votre CV que vous êtes développeur de la fondation Apache, de la fondation Mozilla ou encore du noyau Linux, vous ne pensez pas que ça peut être un facteur motivant ?

Contribuer

Bien sûr, comme je l’ai dit plus haut, quelqu’un de normalement constitué ne peut pas utiliser un outil sans ressentir le devoir d’apporter quelque chose en retour. Bien entendu, et la nuance est bien là par rapport aux logiciels propriétaires où aucune alternative n’est laissée, cet apport n’est pas forcément uniquement financier.

C’est une des règles tacites du logiciel Libre : lorsqu’on utilise le Libre, soit on offre de son temps, soit on verse une somme d’argent qu’on détermine en fonction de ses moyens et de l’utilité qu’on accorde à un logiciel.

Pensez-y, c’est indispensable pour que le modèle même puisse continuer à exister…

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